Aleria

Aleria est située sur un talus sur­plombant l’un des méandres du Tavignano. Ce gros village agricole présente peu de similitudes avec l’ancienne capitale romoine de la Corse. Lo cité est, durant toute l’Antiquité, la porte d’entrée des envahisseurs. Les premières froces d’installation sont celles d’Alolia, colonie phocéenne fondée en 565 av. J.-C. Les Phocéens, commerçants d’Asie Mineure, sont chassés en 545 avant J.-C. de Phocée, leur copitole, par les Perses qui anéan­tissent la ville. Les habitants partent alors fonder deux villes en Méditer­ranée occidentale : Alalia et Mar­seille. De nouveau chassés, par les Carthaginois cette fois, les Phocéens doivent abandonner Alalia. Puis, ce sont les Romains qui succèdent aux Ccrthcgimois en 259 av. J.-C, à l’issue des guerres puniques. Les peuples autochtones (les Corsi) s’opposent alors sans succès aux Romains. On estime qu’ils perdent la moitié de leur population au cours de ces affrontements. Bien implan­tés sur la côte, les Romains, comme partout ailleurs en Méditerranée, transforment profondément les manières de vivre et de cultiver, et ce, particulièrement dans la ploine orientale. Alalio devient Aleria, capi­ taie de la Colonia Julia Tertorium qui forme une province romaine avec lo Sardaigne. En l’an 100 av. J.-C, une seconde colonie s’installe plus au nord, à l’embouchure du fleuve Golo. Cette implantation permet une nouvelle expansion de l’occupation romaine. La prospérité de la capitale de la province romaine semble avoir duré jusqu’à la fin de l’Empire romain. Commence alors un lent déclin. Le paludisme se répand peu à peu dans la plaine orientale aux abords des marais. Ceux-ci s’éten­dent, en effet, à la suite de l’aban­don des terres agricoles causé par les invasions. En 456, les Vandales s’emparent d’Aleria. Au VIe siècle, alors que la Corse se trouve sous domination byzantine, Aleria est déjà abandonnée depuis un siècle par une population tout autant déci­mée par les fièvres que por les incur­sions des Borbaresques. A son apogée, la capitale antique de la Corse comptait 20 000 hab. De cette importante citée, les vestiges sont progressivement mis au jour. Lo cité antique se trouve sur le plateau, au sud-ouest de la ville actuelle. En 1 958, l’historien Jérôme Carcopino entreprend des fouilles non encore terminées au cours desquelles les fondations des édifices antiques sont peu à peu exhumées. De beaux objets grecs et romains sont exposés dons le musée d’Archéologie, situé dons l’ancien fort génois de Matra. D’autre part, des parties impor­tantes des fondations de la ville antique (le forum) sont ouvertes au public. Les édifices cultuels et admi­nistratifs bordant le forum sont aussi apporents. Mais il ne faut pas s’attendre à y trouver des ruines grandioses. Ce beau lieu ne révèle toute sa grandeur que si l’on accepte d’accomplir un effort d’ima­gination…

Le musée archéologique présente quelques très belles pièces. De nom­breux objets usuels ayant appartenu aux Phocéens et aux Romains y sont exposés. De superbes céramiques grecques y trouvent aussi leur place comme ces deux rhytons (voses à boire du Ve siècle av. J.-C.) qui repré­sentent une tète de chien et une tête de mulet décorées de scènes ero­tiques (Tél. : 95.57.00.92. Ouvert tous les jours de 8 h à 12 h et de 14 h à 18 h 30; en hiver de 8 h à 11 h 30 et de 14 h à 16 h 30). La côte, bordée d’une forêt qui cerne le pénitencier de Casobionda, s’étend sans interruption de l’étang d’Urbino à l’embouchure du Tavi-gnano. Au-delà du Tovignono, la plage est beaucoup plus fréquentée, la N 200 y aboutissont oprès ovoir traversé Caterragio. En s’éloignant de la nationale, une piste mène à l’étang de Diane. L’une de ses rives est entièrement artificielle et dote de l’Empire romain : elle est consti­tuée d’un amoncellement de coquilles d’huîtres.

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