24 juillet 2024

Algajola

Vraisemblablement fondée par les Phéniciens, la cité d’Algajola (Argha) exhume au début du siècle deux plaques de bronze correspon­dant au diplôme militaire de soldats romains qui se seraient retirés là. Plus tard, Algajola et sa citadelle, construite au XVIIe siècle par les Génois, resteront très longtemps la deuxième place forte de Balagne après Calvi. Les remparts édifiés en 1664 pour prévenir un nouveau sac des Sarra­sins qui avaient détruit la ville vingt ans auparavant, sont maintenant en ruine. Ils confèrent néonmoins un caractère martial à la ville, de même que la tour fortifiée centrale, son bastion, ses échauguettes et l’église fortifiée de Saint-Georges où se réfu­giaient les habitants en cas d’attaque. Ce sont les quatre familles maîtresses d’Algajolo, les Bagnara, les Padroni, les Castagnola et les Guilini qui refusent l’accès du portàPaoli en 1758. L’exportation du granit porphyrique d’Aregno contribue longtemps aux ressources de lo commune, au même titre que celle de l’huile d’olive ou des huîtres. A la fin du XVIIIe siècle, la montée de l’impor­tance de l’Ile-Rousse entraîne le déclin d’Algojola. Le pari de Paoli est réussi ! De nos jours, l’afflux extraordinaire de touristes à Algojola asphyxie quelque peu cette petite station et sa plage de soble fin. Le développe­ment anarchique qui en résulte est sûrement la rançon de lo gloire. Une jetée sur enrochements abrite un petit port utilisé surtout par les embarcations locales. Deux appon-fements perpendiculaires à la côte permettent d’accoster par 0,8 à 2,6 m d’eau. L’abri est très médiocre par vents de nord à nord-est. On peut mouiller, en restant vigilant, à l’abri de la jetée por 2 à 3 m d’eau.