De golfes en calanques

De L’Ile-Rousse à Ajaccio, les golfes de la côte occidentale se succèdent, encadrés de pointes rocheuses aux teintes rou­geoyantes : c’est la Corse granitique qui plonge ses falaises dans la Méditerranée. De cette union naissent des décors fantastiques et sauvages, à l’image de la presqu’île de la Revellata qui ferme le golfe de Calvi, des « calanches » de Porto et de Piana, ou enco­re, plus au sud, du Capo Rosso. L’érosion éolienne et aquatique a formé, au sein du granit, les « tafoni » aux concavités surprenantes tout le long de la côte. Les arêtes vives de Porto et de Piana sont dues, quant à elles, à la composition localement très siliceuse de cette roche. Admirés par Maupassant, les rochers fantastiques des calanches que l’on peut observer depuis les sentiers côtiers se visitent aussi par la mer. L’arrière-pays de cette côte admirable ne l’est pas moins, tantôt façonné en collines fertiles comme en Balagne ou en Cinarca, tantôt constitué de montagnes dans le Niolo et le Filisorma, à l’est de Porto. Les chaînes montagneuses parallèles sont entrecoupées de hautes vallées plus ou moins évasées et, plus bas, de gorges resserrées comme celles de la Spelunca, près de Porto. D’une faille dans le socle hercynien qui constitue les deux tiers de la Corse a jailli une eau sulfu­reuse, à l’arrière de Sagone, qui permet à la petite localité de Guagno-les-Bains d’accueillir des curistes depuis le XVe siècle. Au fond des golfes de Galeria et de Sago­ne, les deltas du Fangu et du Liamone s’étendent jusqu’à former des zones humides suffisamment intéressantes pour être, comme celles du Fangu, préservées à plusieurs titres. L’Unesco a, d’ailleurs, ins­crit une partie de la vallée du Fangu au patrimoine mondial. Le Parc naturel régio­nal et le Conservatoire du Littoral contri­buent également à protéger ces espaces, par­fois menacés par le tourisme. Quant à la réserve naturelle de Scandola qui abrite de nombreuses espèces protégées, il est interdit d’y pêcher, d’y chasser, d’y cueillir des fleurs et d’y camper, mais on pourra en découvrir les superbes orgues basaltiques grâce à des excursions en vedette. Les golfes profonds de Porto, de Sagone, et d’Ajaccio ainsi que ceux, plus ouverts, de Calvi, de L’Ile-Rousse, de Girolata et de Lava, s’ornent de superbes plages sableuses, parfois dangereuses mais très fréquentées en été, comme les petites criques ou « calas » souvent abordées par les plaisanciers car elles offrent autant d’abris intimes. Très longtemps abandonnées à cause de la malaria ou des invasions barbaresques, les larges et riches plaines alluviales de l’Ile-Rousse, de Calvi et d’Ajaccio sont, depuis le XIXe siècle, exploitées par les maraîchers.

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