3 mars 2024

Des montagnes austères aux plages dorées

De Sari-Solenzara à Bastia, l’île est constituée de monts schisteux dont les plissements sont assez récents. Du sud-ouest au nord, un fossé tectonique est bordé par l’unique plaine de la Corse. Le dénivelé de plus de mille mètres est entaillé de vallées profondes dont les eaux confluent en de larges rivières. Celles-ci serpentent paresseusement dans la plaine. Surmontée dans les lointains par les hautes montagnes enneigées du cœur de l’île, la plaine large de douze kilomètres à Aleria, se réduit à un court cordon littoral quelques kilomètres plus au nord, à Moria-ni. Si la diversité des pavsages est moins frappante que sur les côtes rocheuses, la douce monotonie de la plaine agricole est sans cesse rompue par la présence de la montagne.

Cinq grands massifs se répartissent du sud au nord le long de la plaine. Tout d’abord, dominant Sari-Solenzara, le massif des aiguilles de Bavella. Puis, limité par les fleuves Travo et U Fium’Orbu, le massif du Fiumorbo, enclave sombre et rocheuse cou­verte de maquis et de forêts, il est le pays de légende des bandits d’honneur. Le fleuve U Fium’Orbu y a creusé les profonds défilés de l’Inzecca sous la masse formidable des monts Christe-F.leison et Kvrie-Eleison. Au-delà du Tavignano et jusqu’au Fium’Altu, le plus vaste massif de l’ensemble, qui est aussi le plus calme et le plus ignoré, constitue une région à part entière en surplomb sur la côte toute proche : c’est la Castagniccia. Le Fium’Altu franchi, la Casinca est une petite entité riante et prospère adossée aux pentes orientales escarpées du Nebbio.

La plaine alluviale s’étend sur quatre-vingt-dix kilomètres, de Sari-Solenzara aux faubourgs de Bastia. Situation unique sur l’île, elle est ourlée d’une immense et quasi-rectiligne plage de sable fin interrompue par les deltas, et ponctuée de marais littoraux et de forêts.