Sartène

Perchée dans la montagne, entre les vallées du Rizzanese à l’ouest et de l’Ortolo au sud, la citadelle de Sar­tène possède une grande portion du territoire du sud de l’île. Ses pitto­resques maisons de granit bâties à même le rocher surplombent des ruelles voûtées et pittoresques. Si la vie y semble très agréable de nos jours, cela n’a pas toujours été le cas depuis sa création, en 1 507, por Gênes qui souhoitaient protéger le sud de l’île des raids borba-resques. La garnison qu’ils y instal­lent en compagnie d’habitants du Haut-Taravo et de l’Alfa Rocca n’empêche pas le roi d’Alger de s’emparer de la ville en 1583 et de réduire ses 300 hob en esclavage. Plus tard et jusqu’au XIXe siècle, de longues et féroces vendette s’y déroulent, qui voient s’affronter des familles d’une même origine (comme les sept branches issues de la famille Durazzo). La signoture d’un traité de paix entre ces clans intervient d’ailleurs en 1 834, afin de rendre le calme à cette capitale de la « terra dei signori », aux caté­gories sociales tranchées qui se par­tagent la ville en deux quartiers bien délimités.

Mais Sartène, « la plus corse des villes corses » selon Prosper Mérimée – il s’inspire des vendette pour écrire Colomba d’après la légende inspirée par Colomba Bartoli, une hobitonte de Fozzano, village voisin de Sar­tène – est aussi la capitale de la pré­histoire corse. On trouve sur son ter­ritoire aussi bien des mégalithes isolés (dolmen de Fontonaccia sur­nommé « Forge du Diable ») que des alignements spectaculaires de men­hirs, parfois ornés d’une épée, à Pogliaju (258 unités), Stontari et Rinoghiu. Sur la commune voisine de Grossa, on a découvert lo plus ancienne statuette anthropomorphe de Corse, ainsi que le costello d’Alo Bisuje. Juché sur un éperon rocheux, celui-ci est surplombé por un monu­ment torréen à quatre chambres. L’éperon domine une voilée boca-gère à cheval sur Grossa et sur Sar­tène où l’élevage est encore prati­qué. Le long du Rizzanese, près de la N 196, deux menhirs surnommés « u Frate e a Soro » seraient, selon la légende, lo pétrification d’un moine et d’une religieuse punis por Dieu olors qu’ils tentaient de fuir Sar-tène. Le musée départemental de Préhistoire et de Protohistoire de la Corse, installé dons une ancienne prison, présente toutes ces décou­vertes oiasi que les conclusions qu’en ont tirées les orchéologues. De l’occupation génoise, on pourra admirer le long de la D 69 vers Pro-priano le superbe pont génois de Spin’a Covollu, parfaitement conservé grâce à son arche de 8 m de dia­mètre. Il remonterait en fait au XIIIe siècle, à l’époque de l’occupation pisane. Quant à l’église romone Son-Giovanni-Battista, elle s’élève sur une colline ô la sortie de Grosso. La côte, de Palu d’Eccica ou golfe de Roccapina, est creusée de colas. Cer­taines ont permis d’écouler les pro­ductions du Sortenois, comme la Cola di Conco (où une petite bâtisse nommée Casn d’Ano servait de silo) ou lo Calo di Tizzano (plus au sud) qui sont reliées entre elles par un sentier côtier. Le petit port de Tiz­zano étoit en outre protégé por un fortin, érigé par les Génois au XVIIe siècle, dont ies ruines sont encore visibles. Entre ces deux anses, le Capu di Senetosa qui forme la limite du domaine du Conservatoire du Lit­toral s’avance dans la mer. Il s’orne d’une tour génoise et d’un phare à deux tours blanches. Au sud de Tiz­zano et du Capu di Zivio, deux belles plages de sable sont acces­sibles grâce à des pistes (depuis la D 48 et la D 48A) : la plage de Tro-licetu et celle d’Erbaju. On peut otteindre la superbe plage de Rocca­pina, longue de plus de 2 km et orientée ou sud, ainsi que la Cala di Roccapina, par deux pistes naissant au niveau de la N 196. Elles font partie d’un domaine de 500 ha appartenant au Conservatoire du Lit­toral. Le célèbre « Lion de Rocca­pina », rocher évocateur en granit rouge, ô l’origine d’une légende et creusé de deux cavités, veille sur une tour génoise posée à l’extrémité de la pointe. On peut rejoindre ces monuments intéressants (beoux panoramas), depuis deux plages situées de part et d’autre du Capu di Roccapina. Par ailleurs, des sentiers côtiers relient toutes les plages et les colas qui se succèdent sur le lit­toral de Sartène.

Lo procession du « Catenacciu » qui se déroule le vendredi saint est la plus spectaculaire de l’île. Habillé de rouge, un pénitent anonyme portant une lourde croix est suivi par d’autres pénitents, vêtus de noir, qui emportent une sculpture du Christ dons un linceul.

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