1 mars 2024

Bastia

Situé à la lisière de la plaine orien­tale et du cap Corse, le vieux Bastia adosse ses quartiers baroques et réguliers à une barrière schisteuse de 900 m de dénivelé. Les rues étroites, les escaliers reliant le vieux port à la citadelle, les monuments religieux et les places de lo ville sont autant d’occasion de jouer avec l’ombre et lo lumière « à l’ita­lienne », tandis que les quartiers du XIXe siècle sont organisés plus sage­ment. Vraisemblablement occupé dès le IIe siècle av. J.-C, le site de Bostia est investi par les Romains qui y instal­lent une colonie, peut-être nommée Mantinôn. Cependant, une invosion vandale entraîne son abandon à la fin du VIe siècle. Ce sont des pêcheurs qui scellent le sort de Bas­tia en créont le port de Cardo dons l’anse de Terra Vecchia. Lié à la pro­ductivité vinicole du cap Corse, du Nebbio et de la Balagne qui expor­tent vers Pise dès le XIIe siècle, Cordo prend son envol. D’obord établis au sud de Bostio à Mariana puis à Biguglio, les gouver­neurs génois sont contraints par la révolte corse de 1372, qui provoque l’incendie de leur château fort de Biguglia, de s’installer plus ou nord. Une bastille (ou donjon) est alors édifiée en 1380 par le gouverneur génois Léonello Lomellino sur le pro­montoire rocheux qui protège des vents le port de Cardo. En 1480, le gouverneur de l’époque, Tomasino de Campofregoso, enferme ce site -le quartier de Terra Novo – dans des remparts. Parallèlement, le quartier de Terra Vecchia, qui s’enroule autour de l’ancienne marine de Cardo, accueille des villageois corses et commence à s’étendre. C’est ainsi que Bastia, commerçant et pro­duisant, devient la capitale de la Corse génoise. Quelques fabriques côtoyant de nombreux commerces s’installent rapidement, de façon concomitante à lo naissance d’une bourgeoisie cultivée dont fait partie le poète Gerolomo Biguglio. Celui-ci crée en 1545, ovec quelques reli­gieux, l’Accademia dei Vagabondi (l’Académie des vagabonds). Tombée à deux reprises entre les mains de la population de Terra Vec­chia puis entre celles du moréchol de Thermes en 1 553, lo citadelle est renforcée par le gouverneur génois, Andréa Ooria, pour mieux résister aux assaillants. Sompiero Corso, soupçonné de ten­ter des actions révolutionnaires, est enfermé à Bastia en 1547. Henri II, roi de France, obtiendra so libéra­tion.

Véritable pivot entre Gênes et les terres agricoles les plus productives de Corse, Bostia, et surtout Terro Vecchia (paroisse à part entière depuis le début du XVIIe siècle), connaît une croissance démogra­phique considérable pour atteindre 10 500 hob. en 1686. C’est d’ailleurs au XVIIe siècle qu’églises, couvents et chapelles sont érigés
dans la ville, signes de la foi et de la richesse des Bastiais. Au début du XVIIIe siècle, Bastia lo dynamique réunit artisans, bour­geois commerçants, colons génois et Corses de souche. Cependant, une telle aisance provoque le sac de la ville le 19 février 1 730. En effet, conjuguée à la famine, la domina­tion génoise pousse plusieurs mil­liers de montagnards refusant d’acquitter leurs impôts à attaquer la copitole. Succédant à de multiples raids contre le cap Corse, la Balagne, Saint-Florent et Aleria, cette attaque qui touche principale­ment Terra Vecchia (lo citadelle se calfeutrant derrière ses murs) est l’occasion de pillages et de destruc­tions. Les « populani » (marins, arti­sans…) bastiais en conservent méfi­ance et peur envers les « paesoni » (paysans montagnards). C’est la rai­son pour laquelle les François sont favorablement accueillis lors de leur prise de pouvoir en 1768. La France est alors considérée par les Bastiais comme une autorité de transition. Cette « lune de miel » est pourtant de courte durée puisque les lois répu­blicaines sur la constitution civile du clergé heurtent la foi de certains Corses, dès les années 1 790. De nombreux croyants, exhortés par des religieux, et par Flora Olivia (la Colonella), figure légendaire soute­nue par des femmes luttant contre le rationnement, réussissent à faire le siège de la citadelle en juin 1791. Pasquale Paoli, commandant des gordes nationaux, doit transfé­rer le chef-lieu du département à Corte et suspendre la municipalité de Bastia alors même qu’il s’éloigne du mouvement révolutionnaire corse. En 1798, une deuxième révolte consécutive à des persécu­tions religieuses a lieu dans le Golo. Agostino Goffieri, vieillard de 80 ans, lance « la Crocetta », mouve­ment de soutien aux religieux, et parvient à contrôler la Casinca ainsi qu’une partie de la Castagniccio. Lucien Bonaparte réprime violem­ment cette révolte à Bastia : si quelques insurgés sont suppliciés, Gaffieri est fusillé le 21 février 1 798 sur la place Soint-Nicolas. L’épisode du royaume anglo-corse (1 794-96), qui provoque l’exil de Paoli, foit de Bastia la capitale de l’île. Mais les victoires de Bonaparte en Italie permettent à la France de reprendre pied en Corse : c’est sous le Directoire (1796-98) que se réor­ganisent les institutions françaises. Avec la division de la Corse en deux départements en 1 796, Bastia devient la capitale du Golo et Ajaccio celle du département du Liamone. Bastia reprend alors ses activités commerciales, occrues d’échanges renforcés ovec la France. L’industrie s’y développe avec, notamment, la création du nouveau port, du chemin de fer ainsi que des hauts-fourneaux I de Togo qui fournissent 1 5000 1 de fonte par an aux aciéries de la région de Soint-Etienne. Le déboise­ment du cap Corse y trouve son ori­gine : production de charbon de bois oblige. Lo population atteint, à la fin du XIXe siècle, 20 000 hab. Mais dans un contexte de crise écono­mique (effondrement du cours du cédrat, etc.) et pour des raisons de coûts de transport trop élevés, les forges ferment en 1886, licenciant 200 ouvriers. De nombreux insu­laires doivent émigrer sur le conti­nent, vers l’Amérique du Sud ou encore vers les colonies françaises. Au cours de lo dernière guerre mon­diale, les prétentions mussoli-niennes sur la Corse provoquent la naissance d’une résistance insulaire alors que les troupes italiennes d’occupation envahissent Bostia le 11 novembre 1942, suivies en 1943 de l’armée allemande. Au len­demain de la guerre, Bastia se reconstruit sur de nouvelles bases : la difficulté de circuler ainsi que le manque de terrains disponibles dans la vieille cité adossée à la mon­tagne, entraînent l’extension de lo ville vers le sad. Lo plaine de Mariana où l’on enraye la malario dès 1944 facilite cette urbanisation nouvelle. La construction des quar­tiers sud dans les années ’60 per­met à de nouveaux habitants d’être logés dans les cités H.L.M., tandis que la ville ancienne se dépeuple. Forte de l’installation de zones com­merciales et artisanales, Bostia reste la capitole économique de la Corse. Conjuguant activités industrielles et agricoles, les villages limitrophes de Furiani, Borgo et Biguglio accueillent de nouveaux habitants mois aussi des complexes touristiques le long de la mer. Le bel étang de Biguglio est bordé, quont à lui, par l’aéroport de Poretto qui constitue, comme le nouveau port, une infrastructure fon­damentale. Premier pour le transport de passagers en Fiance, le port de Bastia est oussi tourné vers le trafic de marchandises. Avec 650 000 1, il représente le 4e port de Fronce. Un deuxième port de commerce est d’ailleurs à l’étude actuellement, conjointement aux travaux de réno­vation du port de plaisonce. Cepen­dant Bostia est insuffisamment équi­pée au niveau de l’accueil des touristes qui ne font qu’une halte avant de repartir vers la côte orien­tale ou lo Bologne, malgré l’attrait de la citadelle et des octivités cultu­relles peu à peu mises en ploce.