1 mars 2024

Les tours de guet génoises

Les quatre-vingt tours dites génoises qui jalonnent le littoral corse, furent édifiées principale­ment au cours du XVIe siècle sous la direction de l’Office Saint-Georges (établissement bancaire chargé de l’administration de l’île par Gênes). Elles sont aujourd’hui relativement bien conservées. Leur fonction de surveillance du littoral et d’alerte en cas de débarquement des envahisseurs, doublée de celle du recouvrement des taxes commerciales, en ont garanti la pérennité. Souvent construites par des seigneurs ou par des notables qui recevaient de Gènes le titre de capitaine, les tours étaient disposées de façon à pouvoir communiquer deux à deux. N’étant pas destinées à soutenir un siège, les tours étaient gardées par des garnisons réduites à deux ou trois gardiens qui se relayaient, à l’exception du Cap Corse dont le territoire, plus vulnérable, était mieux défendu. L’architecture de ces tours est simple : un soubassement massif surmonté d’une pièce d’habitation à laquelle on accédait grâce à une échelle amovible. Cette pièce pri cipale comprenait une citerne d’eau alimentée par la toiture-ter­rasse. La plate-forme supérieure était protégée par un crénelage et pourvue d’une petite guérite à base carrée fournissant au gardien un abri en cas d’intempéries. Le plus souvent rondes (les quelques tours à base carrée sont réputées pisanes, même si cette distinction n’est pas toujours aussi nette), les tours génoises ne furent prati­quement jamais attaquées par les corsoires barbaresques, plutôt avides de piller les villages pros­pères que d’attaquer des édifices vides. Plus tard, les tours conti­nuèrent à servir d’amers pour les marins et même parfois de phare (la nuit, un feu allumé sur la ter­rasse signalait la côte). Si, aujourd’hui, seules cinq de ces tours appartiennent au Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres, beaucoup d’entre elles sont situées sur des territoires appartenant à l’orga­nisme public.