3 mars 2024

Désert des Agriates

Camping d’U Paradisu, villoge de vacances de l’Ostriconi. Sous ce nom contradictoire (l’étymologie latine d’Agriate désigne très clairement une vocation agricole) se cache un vaste site rocheux peu accessible, sinon par la mer ou par quelques pistes en mauvais état, riche d’un maquis diversifié, de traces humaines mystérieuses ou de ploges fantastiques. Limités par Saint-Florent à l’est, la voilée de l’Ostriconi à l’ouest et la D 81 ou sud, les Agriates occupent une superficie de plus de 10 000 ha, pour une foçade littorale de 35 km appartenant au Conservatoire du Lit­toral et aux communes voisines. Cet espace naturel protégé (ouvert au public) est géré par un syndicat mixte qui regroupe le département de Haute-Corse et les communes concernées : Saint-Florent, San-Gavi-no-di-Tenda, Santo-Piedro-di-Tenda, Palosca et Costa. Au XVIe siècle, l’évéque du Nebbio vante les qualités agricoles des Agriates. Les habitants du Nebbio et les Cap-Corsins (qui s’y rendent en barques) occupent hameaux et vil­lages, dont celui d’Agriata, et pro­duisent blé, viondes et poissons de qualité. Mais, suivant en cela le comportement des autres riverains des côtes corses, les cultivateurs des Agriates assaillis par d’incessants raids borbaresques (ceux-ci vont jusqu’à établir des mouillages régu­liers dans les criques) désertent cet espace côtier difficile à défendre, malgré la présence de la tour génoise de la Mortelle à l’est. Ils se réfugient en moyenne montagne, dans les villages de Costa, San-Gavino-di-Tendo et San-Pietro-di-Tenda, tout en poursuivant l’exploi­tation des terres littorales. A la fin du XVIIIe siècle, le quart des terres est encore cultivé, tandis qu’un tiers est mis en pâture, et le reste, impropre à l’exploitation (5 %), abandonné. Les bergers et les cultivateurs cohabitent molgré quelques conflits jusqu’au début du XXe siècle. A cette époque, ces der­niers délaissent peu à peu les Agriates, laissant le champ libre oux seuls bergers dont la disporition défi­nitive a permis au maquis de s’étendre. Le site comporte donc un patrimoine architectural étonnant : la ferme d’Ifona et ses dépendances ainsi que de nombreuses bergeries de pierres sèches dénommées « i pagliaghi » (ou paillers), présentent une conception originale. D’autres traces humaines s’offrent à qui sait les débusquer : oires de battage du blé situées dans les courants d’air et innombrables murets de pierres sèches comme dans toute l’île qui servaient à délimiter les parcelles et à contenir le bétail. Dominés par trois sommets princi­paux, la Cima d’Ifana (479 m), la Cima d’Ortella (416 m) et le Monte Genova (421 m), les Agriates sont surfout caractérisés par ce dernier qui se dresse, noble et isolé, visible de toutes parts et qui présente une curieuse cavité en son sommet. Quelques légendes donnent la mesure de l’importance de ce mont, le quolifiont tour à tour de « trône de Satan », ou de « siège » creusé par les amoureux d’une princesse fatiguée qui les remercie par une promesse de prospérité. L’escalade difficile du Monte Genova permet de découvrir un panorama complet sur les Agriates. Le maquis, parfois impé­nétrable, avec ses étangs et ses marais localisés principalement à l’embouchure des ruisseaux, regorge d’une faune et d’une flore variée et abondante malgré le ter­rible incendie de 1992 qui a ravagé l’ensemble du site. Des oiseaux migrateurs trouvent ainsi refuge à l’orrière des plages de Saleccia, du Loto, de Irave et du Guignu. L’eau est présente dans les Agriates sous forme de ruisseaux et d’étangs, mois aussi de fontaines à l’architecture soignée, comme à Petra Muneto dans la vallée de l’Ostriconi. Limite ouest des Agriates, celle-ci constitue une zone fertile où se sont installés les vil­loges de Pietrolba et de Lomo. Après quelques méondres superbes ou soleil couchant, l’Ostriconi vient se jeter dons lo mer à Lama. Plages Les plages somptueuses du Loto, de Saleccio ainsi que les petites criques de Trove, du Guignu, de Malfalcu et d’Alga sont d’année en année plus fréquentées, notamment par les nudistes. Une navette maritime parfont de Saint-Florent permet, plusieurs fois por jour en été, d’atteindre celle du Loto, au détriment de lo protection du site, notamment des dunes et du bois de pins d’Alep de Soleccia. Cependont, l’accès est pratiquement limité aux boteoux et aux véhicules tout-terrain, d’où une certaine tranquillité, surtout ou printemps. Une piste de 10 km, au départ du homeou de Costa, mène aux plages de Saleccio et du Loto, tandis que la 2e piste (12 km), o droite de la D 81 au niveau de In Bocca, permet d’accéder ô celles de Malfalcu et du Guignu di Vezzu. Une 3e piste prend naissance à la houteur de l’étang de Cannuta et aboutit, après 15 km, à la crique d’Alga. Promenade • A pied L’oscension du Monte Genova, du haut duquel on savoure une vue bien méritée, requiert une journée de marche aller-retour, un bon entroînement et un équipement permettant de fronchir le moquis. Un sentier côtier permet de rejoindre la plage de Trave depuis celle de Saleccio accessible par une piste difficile et où se trouvent un gîte et un camping. Il est également possible de rejoindre Trave depuis la ploge du Guignu, grâce à un sentier dans la montagne. Un grand nombre de chemins traversent les Agriates, reliant entre elles les anciennes bergeries et les clos cultivés. Une fois l’habitude prise de se diriger dans le maquis, les pieds retrouvent aisément lo trace de ces chemins, mais pas question de s’y aventurer sans carte, et attention à ne pas troubler la tranquillité des pensionnaires sauvages de l’endroit ! Dolmens de Costa : 4 dolmens ont été découverts dans le terrain militaire de Costa. L’un d’eux se nomme la casa di l’Orcu » (maison de l’ogre), d’oprès une légende populaire.