3 mars 2024

Les chants corses, les polyphonies corse

Quatre types de chants accom­pagnent les Corses dons leur existence quotidienne : le chant de la moisson « A Tribbieraa », le chant polyphonique des veillées « A paghella », le chant improvisé ainsi que les chants funèbres « U lamentu » et « U voceru ». Le premier, entonné lors du battage des céréales dans les ajos (aires à blé) suit le rythme du bouvier qui fait lentement tourner ses bœufs durant plu­sieurs heures. A paghiella sup­pose la réunion de trois hauteurs de voix d’hommes : lo principale ou « segunda » dessine la mélodie tandis que la « terza » (aiguë) brode des ornementations et que le « bassu » (grave) stabilise le trio. Les interprètes doivent entretenir une grande connais­sance les uns des autres pour que leurs chants soient réussis. Quand au chant improvisé, il accorde une grande importance au texte, souvent versifié, comme dans les « chjam’e ris-pondi » durant lesquels des per­sonnages se répondent à propos du sujets quotidiens, poétiques ou même politiques. C’est dans cette veine que les chants élec­toraux qui fleuriront sous lo llème République (chontés géné­ralement par des femmes) s’ins­crivent : satire sociale et poli­tique, ils mêlent les moqueries à des réflexions plus profondes. Les Corses accompagnent leurs morts dans l’au-delà avec des chonts : « U voceru », chanté par des femmes permet de ritualiser lo douleur de la perte du défunt tandis que « U lamentu », chargé de décrire les actions de celui-ci est beaucoup plus calme. C’est à Calvi que l’on peut entendre ces chants lors des Rencontres polyphoniques.